Normalement lorsque je vais chez Gibert Jeune, je file direct au sous-sol m'approvisionner en cahiers et en carnets pour éviter d'être happée par tous ces livres merveilleux qui m'attendent et qui m'attirent.
Bref,
Carnets d'un voyageur taquin: 1 Florence: 0
Il avait été mis en valeur sur un comptoir grâce à sa présentation verticale et j'ai commencé à le feuilletter "pour voir" ... J'ai été littéralement aspirée, par les images, par le ton des récits et par la mise en page très réussie.
J'avais vu quelques vidéos de l'émission d'Antoine de Maximy et j'avais bien aimé son côté aventurier et culotté (tout ce que je ne suis pas).
Le livre a une autre dimension car il explique les dessous de l'émission, les difficultés et les doutes qu'il a souvent eus. C'est l'histoire d'un projet, simple et sans beaucoup de moyens au départ et qui prend ensuite de l'envergure.
Il boucle également les récits en racontant ce qu'il a compris d'une situation vécue et filmée avec le recul et les explications obtenus à son retour grâce à des amis qui peuvent lui traduire ce que disent ses hôtes ou qui connaissent bien le pays visité.
Par exemple, lors de son reportage au Maroc, il n'avait pas réussi à se faire inviter chez cet homme adorable dont la tache était de chauffer un hammam à Marrakech pendant 6 mois de l'année pour ensuite rentrer dans sa famille.
Il termine son reportage en disant: "Finalement, il m'aura fait faux bond".
Dans le livre il écrit qu'il a compris à posteriori que cet homme, plein de pudeur, n'avait pas de maison et qu'il dormait dans la rue.
Il raconte comment il est souvent arrivé dans un pays avec tous les préjugés qu'il avait entendu avant son départ et que l'expérience sur place lui avait souvent prouvé qu'ils étaient faux. Oui, les ... sont rigolos. Oui, les ... sont accueillants etc.
J'ai souvent été stupéfaite devant son culot comme dans cet extrait du carnet en Chine:
" Au moment de ressortir [ de la cité interdite], je remarque que la police ne laisse passer les gens que dans un sens, vu la densité de la foule. Il faut faire le tour, au moins quatre kilomètres. je n'ai pas le temps !
Je vais donc voir un premier policier, qui me fait signe de rebrousser chemin. Alors je fais de grands gestes en parlant beaucoup, mais avec un grand sourire. Désarçonné, il a un mouvement embarassé pour me dire qu'il ne comprend pas.
Sans me départir de mon énergie, je vais voir un autre policier et je recommence mon manège. Même résultat.
J'en avise un troisième, qui ne sait pas non plus qu'elle attitude adopter.
J'ai trouvé la solution à mon problème: de policier en policier, je remonte la foule à contre courant, et lorsque j'arrive au dernier, je n'ai plus rien à lui dire puisque je suis dehors !"
Oui, il est rigolo, oui les images sont dépaysantes oui, il y a des photos de lui tout nu dans le bouquin, on ne voit pas grand chose, quelle déception. C'est page 215, mais ce livre m'a apporté autre chose.
Antoine de Maximy se frotte aux autres en permanence puisque son challenge est de réussir à se faire inviter gratuitement chez les gens, tout cela en les fimant et en se fimant lui même (il est tout seul, sans équipe technique).
Plus l'endroit est au milieu de nulle part et plus il aime, plus les situations sont imprévisibles et incongrues et plus cela l'enchante. Il raconte par exemple que l'assistante de production c'était trompée un jour, en prenant pour lui un billet pour Bucarest à la place de Budapest. Et bien pas de problème, au contraire, va pour Bucarest et vive l'imprévu !
C'est un livre qui m'a connectée à l'énergie du lâcher-prise, du jeu, de l'humour face aux aléas de la vie de son auteur. Ce que cela apporte d'être totalement ouvert aux gens également.
Ce journaliste est authentique: il partage ses joies, ses doutes, ses plantages mais toujours avec un enthousiasme communicatif.
Le message le plus important que j'ai reçu est la manière qu'il a de se lancer dans la vie, vers les autres avec ses antennes largement déployées.
En effet, il s'est souvent retrouvé isolé, quelques fois dans des situations dangereuses et il se fiait totalement à son ressenti qui lui disait de ne pas rester avec certaines personnes, de ne pas entrer dans certaines maisons, de partir vite lorsque le danger était très proche.
Je pars à l'aventure, j'accepte toutes les situations (blocages, problèmes techniques avec les caméras) dans un lacher prise total et même avec un enthousiasme débordant face à la nouveauté.
Je vais vers les autres avec mon ressenti et mon discernement branchés au maximum afin de me sentir toujours juste et en sécurité et je passe des moments de partage géniaux même lorsque nous ne parlons pas la même langue. La communication du coeur fonctionnant parfaitement bien dans ces cas là.
C'est mon livre thérapeutique du moment :-)
Donc, si je veux voir Antoine de Maximy nu, il faut venir chez toi Florence ? ;-))
On voit rien, j'te dis :-)
Je comprends ce que tu veux dire et j'avoue que ce livre remet les choses au point à ce sujet.
Il y a un vrai décalage dont il parle franchement entre ses impératifs de tournages, le challenge qu'il s'est donné et le côté humain de son approche qui apparait beaucoup moins dans les films mais qui est palpable dans ses écrits.
Le carnet sur la Roumanie, par exemple est assez costaud dans la mesure ou il a été bouleversé par la pauvreté et surtout la tristesse des roumains.
Je savais que tu étais au taquet dès potron minet (minette ?) mais cela se confirme donc :-)
Merci de m'avoir fait autant rire, Louisette !
J'ai arrêté de regarder car je n'aimais pas son attitude. Je le trouvais parfois moqueur et irrespectueux des gens, avec un côté "rentre dedans" et sans gêne souvent déplacé. Il fallait qu'il trouve un endroit pour dormir, peu importe la manière. En te lisant, je comprends qu'il devait effectivement renvoyer cela, en partie, en voyageant la tête pleine de préjugés.
Ceci étant, c'est cool qu'il s'en soit rendu compte et le dise.
Bises
Je crois qu'il avait surtout hâte de vérifier sur place si les jugements entendus étaient vrais ou pas.
J'ai pu constater en lisant son livre qu'il y a un vrai décalage entre les impératifs du tournages et ses ressentis personnels. Il filme son challenge, un pays et ses habitants. Tout le côté humain et le partage d'une expérience personnelle sont plus dans le livre.
En revanche, j'avoue qu'il existe des vidéos sur you tube sur des séquences de l'émission qui ont été censurées.Il y en a certaines que je n'ai pas pu regarder jusqu'au bout. Les limites du concept filmé sont donc à la disposition de tout ceux qui veulent se faire une idée.
Tout cela pour dire que son livre a été écrit dans des conditions plus posées, avec du recul et qu'il m'a permis de débloquer quelquechose chez moi (Hum, même si je ne suis pas prête à partir tout de suite avec un sac sans savoir ou je dormirai le soir ^ ^) et ça , j'adore :-)
Bises
Merci Louisette !
pt etre un peu d arrogance (le culot ca paie aussi) en effet, comme le dit thalie, face a l humilite dont il est capable aussi dans ses peripecies.
ah c est toute une ecole de la vie que de se frotter a l autre, a l inconnu fnalement....c est ce que je vis presentement en arrivant dans une ville inconnue ou je ne connais personne, alors certes ce n est pas nouveau pour moi (et uen chance que j ai deja experimente cela seule avant) mais avec un baby c est tout autre. pas facile tous les jours meme dans mon pays natal, mais avec ce froid, ben j ai le sentiment que ca gele le rythme aussi, la
fluidite, en attendant plus de douceur.
hey Flo, bien sur que t es capable de culot...tu dis ca parce que tu l as pas fait ou pas eu besoin de le faire a date comme maxime en voyage par exemple (je relis ton post d avant et la, il fallait en avoir du culot de l audace pr ce virage a 360 degres, alors!!!)
merci pr le partage. oxo
Merci tu es chou !
Faire son trou dans un endroit inconnu demande du temps, mais toi non plus tu ne manques pas de courage. Bises
Oui, c'est fou cette aventure là. j'adore lorsque tu la racontes ...
J'aimais bien regarder cette émission. Par contre, je me souviens bien avoir parfois été stressée devant l'écran : non mais il est fou, comment il va faire ? Oh non je ne pourrais pas faire ça !" Limite mon corps était contracté (je supporte le abdos serré quelques intant, parce que finalement, ça faire faire un peu de muscu, mais c'est pas possible de regarder la TV en serrant des fesses, qd même !) lol
Quand je sui partie vivre quelque temps à l'étranger, j'avais qd même hyper bordée le truc en me sécurisant : j'avais glâner énormément d'infos sur les endroits (que je connaissais pour y avoir été pleins de fois en vacances et travailler un peu par un organisme français), comment trouver du travail, les trucs administratifs, comment trouver mon logement et tout et tout... Une foi ur place, j'ai laisé mon intuition faire le reste et ça s'et trè bien passé. Quand mon compagnon m'a proposée de partir vivre dans un lieu lointain, alors que je n'avais pas eu l'occasion d'y aller récemment pour sentir de l'intérieur si je me voyais m'y installer ou pas, là, j'ai bugué ! lol L'expérience de lâcher-prise était trop grande pour moi, mon mental et mes peurs ont carburé à fond... Depuis, j'ai bien progressé sur ma capacité à lâcher-prise : la vie a su me mettre en situation par différents biais, la maligne ! ;-)
De là à partir complètement seule dans des pays comme beaucoup de ceux qu'a explorés cet homme, je ne pense pas... J'ai conscience que la femme ne génère pas le même attitude d'une culture à l'autre. Il y a sûrement de la peur de ma part (et là, c'est sûrement lié à une expérience hyper éprouvante pour moi seule en Amérique du sud), mais je pense aussi une saine vigilance. Au milieu de tout ça, il y a probablement un équilibre à trouver. Voyager en petit groupe ou en couple me semble en revanche plus réalisables dans certains pays :-)
Mais c'est tellement vrai, je me vois moi aussi strésser pour lui et je ne m'en rendais pas compte avant de te lire !
Oui, une saine vigilance c'est une bonne formule, je suis d'accord avec toi.
Vous êtes de sacrées aventurières, toutes ! :-)